Deux mois à l'usine ou comment saboter ses vacances

Publié le 3 Décembre 2016

Bien sûr ce n'était ni moi ni l'usine où je travaillais XD

Bien sûr ce n'était ni moi ni l'usine où je travaillais XD

        Comme tout jeune de 18 ans qui se respecte (et qui a prévu tout un tas de voyages mais qui se trouve en cruel manque d'argent) je me suis dit que passer mon été à travailler était la moindre des choses.

Alors, quels emplois s'offrent à moi alors que je ne suis même pas sûre d'avoir mon bac et que j'habite dans un petit village au milieu de nulle part?

-La municipalité? "Désolé nous n'avons besoin de personne pour l'été."

-Le supermarché? Grand dieu! Déjà que je n'arrive pas à recompter les pièces assez rapidement lorsque la caissière me les rends...Avec moi la file d'à côté ira VRAIMENT plus vite!

-Serveuse dans le resto au bord de la route? Euh...Comment dire...Une mémoire de poisson rouge et une maladresse plus que certaine feraient de moi une mauvaise voire une très mauvaise serveuse...

Alors, que nous reste-t-il? La petite usine du coin.

C'est ainsi qu'après avoir fraîchement passé le bac je m'apprêtais à vivre les deux mois les plus horribles de ma vie jusqu'à lors.

Les trois premiers jours ont été un véritable enfer. Je savais que le travail à l'usine était rapide et de ce côté je ne fût pas choquée mais l'ennui! Et quel ennui! Durant ces premiers jours je mis tout mon corps et toute mon âme à l'ouvrage. Mes mains étaient mordues par le froid, mes pieds gelés mais je continuais vaillamment, j'essayais de retenir toutes les indications que l'on me donnait de peur d'effectuer une erreur. Ces trois jours furent pires qu'éreintants. Arrivée à la fin du troisième j'étais au désespoir. Sans m'en rendre compte je luttais contre ce travail abrutissant, je luttait contre l'ennui en positivant, en mettant tout ce que j'avais dans mon boulot mais c'était une lutte vaine. Alors je me suis laissée emportée, je n'ai plus essayé de positiver, ma seule réjouissance étant de savoir que ça finirait dans sept semaines.

Généralement la journée de travail commençait à 7h30 pour se terminer à 17h mais ça dépendait des postes et des commandes de la journée. Le lever aux aurores après à peine 6h de sommeil m'a sûrement été le plus pénible. En effet impossible de fermer l'oeil une fois couchée. Mon cerveau était plus qu'éveillé et continuais les raisonnements stériles qu'il avait débuté dans la journée, ce bougre ne me laissait aucun répit tellement il s'ennuyait. Mais fait exceptionnel, moi qui avait besoin de dix heures de sommeil habituellement je réussi à tenir deux mois avec seulement six ou sept heures par nuit, et je ne me sentais pas excessivement fatiguée au réveil. Par contre la sieste de 5 minutes du midi était un luxe non négligeable.

Au bout d'un mois et demi j'en avais vraiment marre, du moment où j'étais à mon poste initial la journée n'était pas si terrible mais les autres postes ne me correspondaient vraiment pas et le second mois j'étais tout le temps sur d'autres postes. J'attendais ma délivrance impatiemment pour échapper à cet ennui morbide et me rassoir sur les bancs de l'école.

Mais grâce à cette expérience j'ai appris ce que travailler dur veut dire et j'ai un profond respect pour ceux qui ont passé leur vie à l'usine. Gagner son propre argent permet de moins dépendre de ses parents aussi et je ne regrette pas mon choix car il va me permettre de m'offrir un voyage que je n'aurais jamais pu m'offrir autrement. Il faut parfois faire des sacrifices pour réaliser ses rêves et ces deux mois ne sont rien comparé à la joie qui m'habite maintenant que je vois des possibilités s'ouvrir. Par contre la prochaine fois j'y resterais qu'un mois car c'est amplement suffisant!

Rédigé par Lady Fairsky

Publié dans #expériences

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Tu n'as pas pensé à la réserve ? Tu pourrais aider le pays tout en gagnant un salaire. <br /> Tu peux contacter le cirfa le plus proche pour plus d'informations.
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