Nostalgie heureuse

Publié le 24 Juin 2016

        Souvent, on ne s'y attend pas lorsqu'un souvenir ressurgit du passé au détour d'une journée comme les autres.

Aujourd'hui j'avais une folle envie de glaces. Il m'arrive parfois cette envie lorsque cela fait des lustres que je n'en ai pas mangé, la glace étant, sans aucun doute, mon point faible.

Je m'acheta donc un pot au hasard : de la glace au yaourt, je n'avais jamais goûté ce parfum.

De retour à la maison je m'installa confortablement pour déguster ma glace (car oui, la glace ça ne se mange pas, ça se déguste, et c'est tout un art!).

La première bouchée fût comme une révélation ; des souvenirs m'assaillirent tout d'un coup. Des souvenirs des instants insouciants de mon enfance, ceux où je mangeais des yaourts gelés. A cette époque je vivais avec ma mère et toute sa famille et nous possédions une petite épicerie où nous vendions des yaourts, entre autres. Je me rappelle encore nettement le processus de fabrication ; une de mes tantes faisait chauffer le lait dans une grande marmite en fer jusqu'à ce qu'une épaisse pellicule de crème apparaisse sur le dessus, vous savez cette matière grasse que l'on retrouve lorsqu'on fait chauffer un lait qui n'a pas été écrémé. Elle mettait deux ou trois pots de yaourts dans la marmite pour que les bactéries se propagent dans le lait et créent cette texture si spéciale qu'ont les yaourts. Ensuite on mettait le mélange dans des petits pots bleus, blancs ou roses avec des couvercles transparents. On les mettait sous des couvertures et le yaourt se créait ainsi, petit à petit.

Ce souvenir, revenu comme une vague, ne fit esquisser un petit sourire. On voit souvent la nostalgie comme les regrets mais il existe ces moments où l'on ne voit pas le passé comme une accumulation de choses que l'on aurait dû faire ou ne pas faire mais comme ce qu'il est vraiment; des évènements qui ont eu lieu, plus ou moins heureux, qui nous ont amenné à ce que nous sommes aujourd'hui mais qui ne doivent jamais nous empêcher d'avancer. Le passé doit être vu avec un regard d'enfant, un regard innocent, comme une saine redécouverte de nous même.

Rédigé par Lady Fairsky

Publié dans #Voyage

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I
Je trouve ta transition pour passer de la glace au yaourt un peu rapide. En effet ici ta glace faisant office de madelaine de Proust nous emmène dans ton enfance par le seul lien que les yaourts de ton enfance etaient glacés ! <br /> Ici on peut dire que tu t'es fiée aux sensations, or comme l'a montré Descartes cela ne peut conduire à l'aboutissement de la vérité. Ensuite tu juges ce yaourt par le fait qu'il soit glacé, donc tu ne juges non pas mar rapport aux apparences mais par rapport à l'effet que tu ressens? Cela est contre objectif et engagé. Tu es donc raciste et égocentrique. Tous les yaourts de France sont contre toi.
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L
Votre commentaire m'a fait énormément rire. Si ma transition est rapide c'est parce que je l'ai vécue ainsi, je ne fait que reporter avec des mots le souvenir d'un souvenir, souvenirs qui sont intrinsèquement une somme de sensations vu que nous percevons le monde naturellement par nos cinq sens. Il faut dire que cette glace au yaourt avait le même goût que mes yaourts gelés mais pas la même texture. Dans cette histoire je ne suis pas à la recherche de LA vérité; je vis un moment. C'est une évidence qui m'est apparue, un autre point de vue qui a fait irruption et qui altère mon jugement des choses. Descartes n'a-t-il pas dit que seules les pensées claires et évidentes pouvaient détenir la vérité? Je ne juge pas le yaourt, il était glacé,point. Les apparences sont trompeuses et le plus beau dessert de la cantine m'a toujours déçue par son goût qui ne correspondait pas à son apparence (aka le fromage blanc que je prenais pour de la pana cotta, quelle déception, il n'était même pas sucré...). Tu conclues un peu vite quant aux cases où vous me mettez. Vous n'êtes pas le porte parole des yaourts de France, vous ne vous appelez même pas "Panier de Yoplait"; vous n'avez donc aucune légitimité de parler en leur nom.